À propos de la Crown internationale
Chaque deux ans, la LPGA lance une compétition d’équipe unique qui ressemble davantage à une Coupe du Monde qu’à une étape régulière du circuit. La Crown internationale met les huit meilleures nations de golf contre chacune d’elles dans une série de foursomes et de matches à quatre, avec des points attribués pour chaque victoire. C’est une occasion pour les joueuses de remplacer la gloire individuelle par la fierté nationale, et le format produit souvent un drame haletant que vous ne trouvez pas dans un événement typique de stroke‑play à 72 trous.
Organisée cette fois sur les parcours ondulés de Rich Harvest Farms en Illinois, la version 2023 présentait un champ complet de 32 femmes représentant leurs pays. Après trois jours d’action à la ronde, les deux meilleures équipes – Australie et les États‑Unis – sont sorties pour le duel final.
Le parcours australien vers la finale
Le contingent australien est entré dans le tournoi comme l’un des coureurs de fond. Alors que les États‑Unis, la Corée du Sud et l’Europe dominent traditionnellement, le roster australien mêlait expérience et puissance juvénile. L’équipe se composait de :
- Minjee Lee – numéro 1 mondial et championne du PGA féminin 2022
- Hannah Green – vainqueur de l’Open US 2023 et présence constante sur le circuit
- Juli Inkster – mentor vétéran et ancienne championne majeure (capitaine joueuse)
- Emily Oh – étoile montante qui vient de s’inscrire dans le top 50
Depuis le premier jour, les Australiens ont montré qu’ils n’étaient pas là pour faire le nombre. Dans les foursomes d’ouverture, Lee et Green ont réalisé un score de 68, soit 4 sous par, donnant à l’équipe un avantage précoce. Les matches à quatre qui ont suivi ont vu Inkster et Oh combiner des tirs de départ agressifs avec un putting solide, accumulant deux points supplémentaires.
À la fin de la phase de poules, l’Australie avait accumulé 10 points, suffisant pour décrocher un poste en finale et, plus important encore, pour donner aux États‑Unis une chance de rivaliser.
Les États‑Unis : une puissance sur le papier
Sur le papier, l’équipe américaine semblait invincible. Avec une composition incluant Nelly Korda (numéro 2 mondial), Lexi Thompson (multiple championne majeure), et la jeune étoile montante Atthaya Thitikul, la squad américaine disposait d’une profondeur dans chaque domaine. Leurs premiers matchs étaient un spectacle de golf à puissance – longs drives, approches agressives et birdies décisifs.
Pourtant, le format de la Crown internationale récompense la constance plutôt que la puissance brute. Alors que les Américains accumulaient des scores impressionnants, quelques putts manqués lors des rounds à quatre ont coûté des points précieux, laissant le total final à 9 – juste un point de moins que les Australiens.
Le duel final : Australie contre les États‑Unis
Tout le monde s’est tourné vers le match phare du dernier jour : un seul match à quatre qui déciderait le champion. Le parcours était aménagé pour le drame – un vent automnal vif tourbillonnant à travers les arbres, des greens fermes qui retenaient les coups d’approche, et une galerie animée par l’anticipation.
Minjee Lee a été associée à Nelly Korda, une combinaison qui a suscité une intrigue immédiate. Les deux joueuses sont connues pour leur précision, mais leurs styles diffèrent : le swing fluide et le jeu stratégique de Lee contrastent avec l’agressivité propulsée par la puissance de Korda. Les neuf premiers trous ont vu les deux côtés échanger des birdies, laissant le match à égalité au tour.
Puis est survenu le point tournant. Au 12e trou, un par‑5 avec un green atteignable en deux coups, Lee a lancé un tir de départ parfait qui a atterri juste en dessous du trou. Korda, tentant de faire le green en un, a trouvé l’eau. Le deuxième coup de Lee a mis en place un birdie, tandis que la pénalité de Korda a fait chuter l’équipe américaine à un double bogey. La foule a éclaté, et le momentum australien a bondi.
À partir de là, les Australiens ont tenu bon. Hannah Green, jouant aux côtés de Lexi Thompson dans le foursome alterné, a égalé les Américains coup par coup, mais un putt court manqué au 15e a donné à l’Australie une demi‑point. Le dernier trou était un par‑4 tendu ; les deux équipes avaient besoin d’un par pour sécuriser la victoire. Le drive stable de Lee et un fer lisse à trois pieds de distance ont préparé un tap‑in pour un birdie, scellant une victoire de 2‑1½ pour l’Australie.
Moments clés qui ont défini la journée
- Birdie décisif de Lee au 12. Le swing du 12e trou a changé le momentum et a forcé les États‑Unis à un scramble.
- Hazard d’eau de Korda au 12. Une rare erreur d’une joueuse en pleine forme a souligné la pression du format.
- Jeu constant de Green. Bien qu’elle ne soit pas aussi flashy, son par‑making constant a gardé la fiche australien honnête.
- Chimie d’équipe. La camaraderie des Australiens était évidente – high‑fives après chaque putt, bavardages de soutien et une croyance partagée qu’ils pouvaient renverser les géants.
Réactions des joueurs et des fans
Lorsque le dernier putt a touché, le contingent australien a explosé dans un chœur de cris, d’étreintes et de quelques larmes. « C’est pour ça qu’on joue », a déclaré Minjee Lee lors de l’interview post‑match, « porter notre drapeau et prouver que nous appartenons au sommet. » Hannah Green a ajouté, « Nous savions que nous pouvions gagner, mais le faire contre une équipe comme les États‑Unis le rend encore plus doux. »
Les États‑Unis, gracieux dans la défaite, ont loué la performance australienne. « Ils ont joué un excellent round, et nous n’avons tout simplement pas exécuté quand cela comptait », a déclaré Nelly Korda, « Nous apprendrons de cela et reviendrons plus forts. »
Les fans dans la galerie, nombreux portant des écharpes et des drapeaux australiens, ont chanté « Waltzing Matilda » alors que le trophée était remis. Les réseaux sociaux se sont illuminés de mèmes de kangourous sautant par-dessus des balles de golf et de hashtags comme #AussieCrown et #DownUnderDominance faisant le buzz mondialement.
Ce que cette victoire signifie pour le golf féminin australien
Le triomphe de l’Australie à la Crown internationale est plus qu’un trophée ; c’est une déclaration. La victoire met en valeur la profondeur de talents émergents des Antipodes et offre un coup de pouce à la visibilité du sport chez nous. Les golfeuses juniors à travers le pays ont maintenant de nouveaux modèles à imiter, et les sponsors notent la commercialisation d’une équipe nationale gagnante.
D’un point de vue historique, c’est la première fois que l’Australie revendique la Crown internationale, rejoignant les rangs des anciens gagnants comme les États‑Unis, la Corée du Sud et le Japon. La victoire pourrait déclencher un financement accru pour les programmes de golf féminin, une couverture télévisée plus importante, et peut-être une hausse de la participation à la base.
À l’avenir : l’avenir de la Crown internationale
Avec la prochaine édition prévue pour 2025, les équipes regarderont les leçons tirées de ce duel. Les États‑Unis se regroupent probablement, ajustant éventuellement leurs associations pour éviter les pièges de l’agressivité excessive. En revanche, l’Australie cherchera à défendre sa couronne, espérant conserver la chimie qui les a menés à la victoire.
Pour les fans, la Crown internationale continue d’offrir un mélange rafraîchissant de fierté nationale et de compétition d’élite. Elle nous rappelle que le golf, bien qu’il soit souvent un sport individuel, peut également être une scène de drame collectif, de camaraderie et de moments inoubliables.

